Eléments de l’histoire

récente des Comores.



5 Juin 1973, le gouvernement français signe un accord avec le gouvernement d’autonomie interne de l’archipel des Comores sur l’organisation d’un référendum sur l’accession à l’indépendance des Comores. Cet accord stipule que les résultats de ces élections seront pris en compte globalement sur l’archipel des Comores et non île par île.
Le 22 décembre 1974, le référendum pour l’indépendance a eu lieu et le peuple comorien des 4 îles, dans son ensemble, se prononce à 94% pour l’indépendance des Comores.

Dès janvier 1975, la Cour constitutionnelle française s’est mise à changer la Loi électorale plus particulièrement l’article 5 de la Constitution Française, relative à la loi électorale, a été modifiée dans le but de morceler l’archipel des Comores.
Le 6 juillet 1975, c’est la proclamation unilatérale de l’indépendance des Comore, dans ses frontières héritées de la colonisation. La France colonialiste, par un tripatouillage électoral, ne reconnaît l’indépendance qu’à 3 îles (Anjouan/Ndzuani, Grande Comore /Ngazidja et Mohéli/Mwali).

Le 12 novembre 1975, les Comores sont admises aux Nations Unies, comme 143ème pays membre «composé des 4 îles de l’Archipel des Comores (Grande Comore, Anjouan, Mayotte et Mohéli)» selon la résolution N° 3385 de l’ONU. La France ne s’est pas opposée à l’admission des Comores aux Nations Unies ; elle s’est contentée d’une abstention. Les Comoriens circulent librement dans les 4 îles comme auparavant.

1995, le gouvernement français instaure à Mayotte le tristement célèbre «Visa Balladur», qui transforme les comoriens des 3 autres îles en «immigrés» et en «clandestins» à Mayotte, provoquant ainsi plus de 4500 morts dans le bras de mer séparant Anjouan et Mayotte (étendue de 15 Km) ! La vie des comoriens des 3 autres îles n’a pas de valeur à Mayotte face à la police et à la marine d’occupation. Une chasse à l’homme y est alors intensifiée aux dépends des comoriens des autres îles, avec des méthodes d’un autre âge, dignes de l’apartheid («des Blancs qui pourchassent des Noirs en Afrique !!!»), instaurant ainsi un climat de haine et de xénophobie largement entretenu par des officiels français, des fonctionnaires de la République et leurs acolytes locaux. Ce qui favorise des actes de violence gratuite contre les «autres» comoriens (telles que l’incendie volontaire des habitations et autres scènes d’humiliation…). Un climat qui préfigure un conflit à la Rwanda !!!

Nous n’acceptons plus ces pratiques qui rappellent trop la période du commerce triangulaire dont l’Afrique était la victime.

Le 13 juin 2001,
le sénat français adopte une loi (art. 60) stipulant que «La collectivité départementale de Mayotte est substituée à la collectivité territoriale de Mayotte dans l'ensemble de ses droits, biens et obligations.» Tout est alors mis en œuvre par la France colonialiste pour faire de Mayotte un département français et une région européenne!

«L’e ancrage définitif de Mayotte dans la République», selon Paris, qui était programmé pour 2010 risque fort d’être avancé en 2008 !!!

Nous n’acceptons plus de continuer à payer le prix de telles pratiques indignes d’une superpuissance nostalgique de ce qu’il qualifie dans ses manuels d’histoire d’empire colonial africaine, le tout au mépris du Droit International et des Résolutions des Nations Unies contre l’occupation illégale de l’île comorienne de Mayotte.

14 juillet 2005, la rencontre de Paris réunissant plusieurs représentants de la Diaspora Comorienne venus de trois régions de France (île de France, Rhône Alpes et Bouches-du-Rhône), et une délégation venue des Comores (Ngazidja et Maoré), pour discuter des moyens à mettre en œuvre pour soutenir ce nouveau souffle, de la lutte pour la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des Comores. En présence de notre leader indépendantiste d’origine maoraise, M. Youssouf Moussa, les participants ont partagé le souci de mettre en place une organisation capable de porter cette cause nationale de manière pérenne.

10 octobre 2005, lors de son Assemblée Générale, les délégués régionaux ont décidé d’envoyer à Moroni une délégation à la fête de la commémoration du «12 novembre comorien», date anniversaire de l’admission des Comores aux Nations Unies. La présence aux Comores, de délégués de la Diaspora comorienne, aux côtés de M. Youssouf Moussa, de parlementaires des Comores, de militants de la société civile, marque la marche unitaire de la résistance nationale à travers les composantes de l’intérieur et de l’extérieur du pays.

05 Novembre, à Marseille, une manifestation est placée sous le signe de la défense de la souveraineté des Comores, de la lutte contre la répression à Mayotte dont les comoriens des 3 autres îles sont victimes. Une délégation de manifestants a été reçue par la Préfecture des Bouches du Rhône et a lu la motion de la manifestation.

12 novembre 2005, à Moroni, à l’occasion du trentenaire de l’indépendance, les parlementaires comoriens érigent cette date mémorable en «Journée Nationale Maoré», afin d’inciter les comoriens à ne jamais renoncer à l’appartenance de Mayotte aux Comores.

12 Novembre 2005, à Paris, la Diaspora comorienne manifeste à la place des «Droits de l’Homme» au Trocadéro à Paris, sous le signe de la défense de l’intégrité territoriale des Comores. Cette manifestation est aussi suivie d’un dépôt de motion au Quai d’Orsay, le 17 novembre.

Côté Diaspora Comorienne, ces actions de résistance se sont développées en étroite collaboration avec les parlementaires de l’Union des Comores. En ralliant toutes les forces démocratiques et anticoloniales avec lesquelles une formidable synergie s’est mise en place pour défendre la cause commune. L’expérience de coordination inter–régionale de 2005 s’est intensifiée en 2006, en étroite collaboration avec l’ami Youssouf Moussa et avec l’appui de quelques associations de la Société Civile, engagées depuis des années sur le front de la défense de la souveraineté des Comores, auxquelles nous rendons hommage : la DIASCOM, le GRITAC, la GAC (artistes comoriens), l’ACDH et SOS-Démocratie–Comores pour la défense des droits de l’Homme, l’AFCH, l’AMF (Mohéli), l'AFC… La presse de proximité est aussi omniprésente à toutes nos manifestations (Radio Fréquence Plurielle, Ocomores, Douniaweb, Comores-TV, RFO…)

Notre collectif le CAAC «Collectif des Associations et Amis des Comores» est né de cet élan de résistance qui a réuni des composantes combatives de la Diaspora comorienne.
Notre collectif s’est ouvert, naturellement, à des personnalités et organisations anti-impérialistes, anticoloniales et altermondialistes qui partagent les mêmes valeurs démocratiques et anticolonialistes, qui apportent à notre lutte un soutien clair et déterminé.

C’est pourquoi la Coordination du CAAC a mené une campagne intensive auprès des organisations de la société civile et auprès des partis politiques français et comoriens, leur demandant de prendre position en faveur du retour de l’île comorienne de Mayotte dans son ensemble naturel. En cette période de campagne électorale en France, nous sommes très satisfaits d’enregistrer la prise de position de la candidate du Parti Communiste Français (PCF) qui, par sa lettre adressée à M. Jacques Chirac le 20 novembre 2006 dernier, demande au président de «[permettre à] la France de s’engager résolument dans le respect des résolutions de l’ONU, du droit international et le droit des peuples à l’indépendance». Nous espérons que d’autres candidats à la présidence de la République Française souscriront à cette démarche.

C’est pourquoi nos animateurs participent solidairement à des actions collectives d’envergure telles que : les activités du «Collectif Anti Goro Nickel» aux côtés de nos amis Kanaks, celles des mobilisations «en marge du sommet France–Afrique » (évènements du 11 au 16 Février, avec la tenue de stand au Forum Associatif Citoyen de Saint–Denis), celles de la semaine anticoloniale (évènements du 17 au 25 février en France, qui sera couronnée par une grande manifestation sous le signe de la libération de l’île comorienne de Mayotte, le 24 février au Trocadéro, à Paris…

C’est pourquoi le CAAC a été représenté par notre leader M. Youssouf Moussa au Forum Social Mondial (FSM) de Naîrobi depuis le 19 Janvier (évènements du 20 au 25 janvier), aux côtés de la délégation parlementaire comorienne conduite par le député M. Assoumani Youssouf Mondoha (Président de la Commission des Relations Extérieures, de la Coopération, de la Défense, des Affaires Sociales et de la Sûreté de l’Etat). Occasion exceptionnelle pour gagner l’adhésion à la cause comorienne et recueillir la signature à la pétition «contre l’occupation illégale de l’île comorienne de Mayotte […]» par de nombreuses personnalités à l’échelle internationale. Nous savons que la délégation comorienne au forum FSM a bénéficié sur place du soutien de tous nos amis de France (PCF, Verts, ZEP, CADTM, CDETIM, SURVIE,…), de la région de l’Afrique de l’Est, de l’Océan Indien...

En vous remerciant pour votre soutien, à toutes et à tous nous adressons nos vœux les meilleurs pour un monde plus juste, paisible et prospère.

Fait à Paris ce 26 Janvier 2007.

La coordination du CAAC

Contact : caac.comores@gmail.com
Site : http://www.sos-comores.org